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La Covid-19, prétexte de la répression des médias en Afrique

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C’est ce mardi 03 mai qu’a lieu la journée mondiale de liberté de la presse. En Afrique, cette liberté s’est affaiblie en 2021 avec notamment la Covid-19.

La couverture de la pandémie de la Covid-19 s’avère risqué pour les journalistes africains, tant les menaces et les intimidations dont ils font l’objet sont importantes. 

En République démocratique du Congo (149e du dernier classement de Reporters sans Frontières) l’agression du journaliste Tholi Totali Glody par les forces de l’ordre, il y a un an, est révélateur du climat tendu dans lequel travaillent les journalistes.

Tholi Totali Glody effectuait pourtant un reportage sur le respect des mesures de confinement imposées à la population lorsqu’il a été agressé.

Il y a aussi le cas de l’Afrique du Sud avec la journaliste Azarrah Karrim, visée par des tirs de balles en caoutchouc par les forces de sécurité alors qu’elle couvrait les mesures de confinement.

Au Zimbabwe voisin, le journaliste Hopewell Chin’ono a été arrêté après avoir a mis à jour un scandale de détournement d’argent public dans l’acquisition de matériel destiné à lutter contre la pandémie.

Selon certains observateurs, cette situation a créé un climat de peur, poussant les journalistes à s’autocensurer sur les sujets liés à la gestion de la lutte contre la Covid-19 par les Etats africains.

L’Afrique, le continent plus dur avec les journalistes 

La « criminalisation de la publication des “fausses informations” en lien avec la maladie en punissant les auteurs des publications de peines de prison », a aussi contribué à l’affaiblissement de l’indépendance des journalistes, note Reporters sans Frontières.

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L’organisation observe par ailleurs que 488 journalistes ont été emprisonnés entre 2020 et 2021. Ce qui fait de l’Afrique le continent le plus dur vis-à-vis des journalistes.

Si la pandémie a contribué à la dégradation des conditions des journalistes sur le continent africain, elle n’en est toutefois pas la seule raison.

L’instabilité politique, la couverture dans les zones de conflits ou les périodes électorales ont constitué également des facteurs aggravants qui ont pesé sur l’indépendance des journalistes africains.

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