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Conseil de sécurité de l’ONU : Sall et Ramaphosa réclament une réforme

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Les présidents sénégalais Macky Sall et sud-africain Cyril Ramaphosa ont tiré la sonnette d’alarme face à une représentation « injuste » de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. Les deux dirigeants regrettent qu’aucun pays africain n’y soit membre permanent. « Il est injuste que l’Afrique, avec 54 pays, ne soit pas représentée au Conseil de sécurité de l’ONU » par des membres permanents, a dit Macky Sall à Dakar, durant une conférence de presse commune avec son homologue sud-africain.

Cyril Ramaphosa a, lui, critiqué « une représentation injuste du continent ». « Nous voulons que les voix de 1,3 milliard [d’Africains] soient entendues de la même façon que celles des autres. Nous voulons que l’Afrique soit bien représentée. Nous voulons que cela cesse », a insisté le dirigeant sud-africain, qui a participé au Forum pour la paix et la sécurité en Afrique. Il a, dans la foulée, entamé une visite officielle, sa première au Sénégal depuis son arrivée au pouvoir en février 2018.

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Au moment de la création des Nations unies, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’objectif était de prévenir les conflits armés et les violences. Depuis des décennies, les plus importantes missions onusiennes de restauration et de maintien de la paix sont déployées sur le continent africain. Le Conseil de sécurité des Nations unies compte 15 membres, dont 5 membres permanents (ChineÉtats-Unis, Russie, France et Royaume-Uni) et 10 membres élus par l’Assemblée générale pour une période de deux ans. Avec ses 54 pays membres et ses 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique représente 25 % des membres de l’ONU. Cependant, le continent ne dispose que de deux à trois sièges non permanents au Conseil de sécurité, actuellement occupés par le Kenya, la Tunisie et le Niger. « 50 % des questions à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et 70 % de celles inscrites au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies concernent l’Afrique », résumait, fin 2020, l’ex-président du Niger Mahamadou Issoufou.

Pressions de toutes parts

Pour changer la donne, le chef de l’État sénégalais s’est déclaré favorable à des discussions avec les pays non africains en vue de réformes pour que l’Afrique obtienne au moins deux sièges de membre permanent, ayant toutes les prérogatives des membres permanents actuels. « Nous allons continuer à nous battre pour la réforme » du Conseil de sécurité, a ajouté le chef de l’État sénégalais. Dans cette bataille, le Sénégal et l’Afrique du Sud sont loin d’être seuls, puisque l’Union africaine, à travers le « C10 » – un groupe de dix pays mandatés par l’UA pour négocier la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies –, réclame depuis plusieurs années une meilleure représentation au nom d’un rééquilibrage démographique. La réforme devra permettre d’accorder au moins un siège permanent à l’Afrique au sein de cet organe. Mais les membres permanents du Conseil réticents à une réforme font valoir l’instabilité politique persistante et la faible contribution financière de l’Afrique au budget des Nations unies (0,01 % en 2021, contre 25 % pour les États-Unis). L’union africaine a reçu des soutiens de taille, comme celui de l’Allemagne, mais pas celui de la Chine, qui ne cesse d’exercer une emprise croissante sur les capitales africaines afin de les forcer à s’aligner sur ses intérêts diplomatiques en premier lieu. Grâce aux votes africains, la Chine a pris la tête de quatre des quinze agences de l’ONU, dont l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le Gabon et le Ghana sont les deux pays qui intégreront le Conseil de sécurité dès le 1er janvier 2022.

Afrika Stratégies France avec Le Point Afrique

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