Le marché africain des boissons non alcoolisées est en plein essor. Ce segment porté par une forte demande d’une population jeune fournit des opportunités pour les majors de l’industrie mondiale des sodas.
En Afrique du Sud, la multinationale américaine Coca-Cola investira avec ses deux embouteilleurs agréés dans le pays – Coca-Cola Beverages South Africa (CCBSA) et Coca-Cola Peninsula Beverages, une enveloppe de 17,6 milliards de rands (899,8 millions d’euros) au cours des 4 prochaines années. C’est ce qu’a annoncé le 31 mars, Luis Felipe Avellar, président de l’unité opérationnelle Afrique du géant d’Atlanta, en marge d’une conférence sur l’investissement à Johannesburg.
Renforcer le réseau de distribution

Selon les détails relayés par Bloomberg, ce montant servira d’abord à accroître les capacités de production. Une partie des fonds sera consacrée à l’extension et à la modernisation des lignes d’embouteillage afin de répondre à une demande jugée résiliente sur le marché sud-africain des boissons rafraîchissantes.
En outre, l’investissement vise à renforcer le réseau de distribution sur l’ensemble du territoire, notamment pour améliorer la couverture dans les zones périurbaines et rurales. Sur un autre plan, l’entreprise parle « d’accélérer l’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur du système Coca-Cola » sans plus de détails.
Cet engagement massif intervient alors qu’en septembre 2025, plusieurs médias locaux avaient rapporté que CCBSA envisageait de supprimer plus de 600 emplois, soit près de 10% de ses effectifs (environ 7 700 salariés), dans le cadre d’un projet de fermeture ou de restructuration de certaines usines, notamment à Bloemfontein et East London. Officiellement, ces coupes potentielles étaient justifiées par la nécessité d’adapter l’organisation à l’évolution du marché et d’améliorer l’efficacité opérationnelle.
Un nouveau pari sur le marché africain
En attendant d’autres détails sur l’investissement annoncé, les analystes soulignent que cette décision devrait renforcer un peu plus la présence de la firme dans la nation arc-en-ciel. Selon une étude citée par la multinationale, le « système Coca-Cola » a généré 51,2 milliards de rands (2,6 milliards d’euros) de valeur ajoutée dans l’économie sud-africaine et soutenu plus de 87 000 emplois en 2024.
Plus globalement, il s’agit du dernier pari en date de la compagnie sur le continent africain. Dans une région où la consommation de boissons non alcoolisées reste fortement corrélée à la croissance démographique et à la montée d’une classe moyenne urbaine, le groupe et ses branches ont multiplié leurs offensives.
En octobre 2025, Coca-Cola HBC, l’un des principaux embouteilleurs du groupe au niveau mondial, a ainsi annoncé l’acquisition de 75% du capital de Coca-Cola Beverages Africa auprès de The Coca-Cola Company et de Gutsche Family Investments, pour un montant d’environ 2,6 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros).
Basée à Johannesburg et présente dans 14 pays (dont l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Mozambique), CCBA représente près de 40% des volumes de Coca-Cola écoulés sur le continent.
Une fois l’opération finalisée d’ici le second semestre 2026 sous réserve des autorisations réglementaires – Coca-Cola HBC deviendra le deuxième embouteilleur mondial de Coca-Cola en volume et contrôlera plus des deux tiers du système Coca-Cola en Afrique, couvrant plus de la moitié de la population du continent et générant environ 14,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires pro forma. Pour financer cette expansion, HBC a procédé en mars 2026 à l’émission de 2,1 milliards d’euros d’obligations structurées en plusieurs tranches.
Déjà en septembre 2024, John Murphy, président-directeur financier de Coca-Cola dévoilait un investissement de 1 milliard de dollars (867 millions d’euros) dans le développement des activités de la firme au cours des cinq prochaines années au Nigeria.
