Secrétaire générale de la Présidence du Conseil du Togo après avoir occupé le même poste à la Présidence de la République, Sandra Johnson est une des discrètes technocrates dans l’ombre de Faure Gnassingbé. A 45 ans, l’experte en développement du secteur privé a piloté avec succès la 32e session de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne, Afristat. Avec de florissantes perspectives dans une période de grande résilience pour le continent.
L’Afristat est l’une des organisations les moins connues de l’Afrique et sans aucun doute, la plus incontournable en cette période où, plusieurs pays du monde connaissent des turbulences économiques. Cette vidéoconférence qui, le 07 août, a connu la participation active de la totalité des Etats membres était d’une capitale importance. Quatre résolutions dont une réunion technique prochaine et la transformation du Conseil scientifique en « Comité scientifique », ont marqué ce visio-sommet auquel Sandra Ablamba Johnson représentait le Président du Conseil du Togo.
Afristat, au cœur de nouveaux défis

Il s’agit d’une organisation continentale, rassemblant les pays africains du sud du Sahara autour des enjeux économiques et statistiques, avec pour point d’orgue, une concertation régulière du Conseil des ministres qui regroupent des ministres d’économie et de statistique des pays membres. Basée à Bamako, l’organisation regroupe 22 pays, allant du Nigeria à Madagascar ou du Bénin au Gabon. Compte tenu de l’influence et de l’efficacité de l’Afristat, des pays hors de la zone subsaharienne du continent comme Djibouti y ont adhéré. Depuis sa création en 1993 en Côte d’Ivoire, cette organisation s’est donné pour objectif de contribuer au développement des statistiques économiques, sociales et de l’environnement dans ses Etats membres et de renforcer leurs compétences dans ce domaine. Un défi qu’il remplit avec efficacité. La conférence du 07 août dernier dope sa détermination et la met davantage à la lumière, alors que Faure Essozimna Gnassingbé en a pris le grand pilotage. C’est à son initiative d’ailleurs que Sandra Johnson mènera avec brio ladite conférence qui sonne comme un nouveau départ.
Sandra Johnson, discrète et percutante
Sa présence dans l’appareil d’Etat a toujours été interprétée, aussi bien par des partenaires que par l’opinion nationale comme un atout, à cause de son parcours qui se prêtre au job. Mais mieux, sa légendaire discrétion en a fait une femme au four et au moulin dont la posture dépolitisée conforte l’efficacité. Même si la mère de famille sort d’une élection municipale où elle a contribué à Aného (sud-est) du Togo, à la brillante victoire de la majorité au pouvoir, elle est avant toutune technocrate qui s’est construite une efficacité et uneperspicacité dans l’ombre de Faure Gnassingbé. Longtemps conseillère avec rang de ministre, elle a purifié et mis en orbite le climat des affaires, un secteur clé qui a sensiblement contribué à l’augmentation des investissements privés, son point d’ancrage. Depuis, elle connaît, dans le système d’Etat, une douce et progressive ascension dont l’un des points culminants est le Secrétariat général de la Présidence de Conseil où, à défaut d’une direction de cabinet, elle combine avec délicatesse et talent, les exigences des postes et reste largement appréciée pour son humilité et son obsession pour « le bien-faire« . Elle sait compter sur son parcours et ses expériences.
Un parcours qui s’y prête
Elle est aussi, par son parcours académique personnel, une mise en valeur de l’école togolaise. Car Sandra Johnson a fait ses bancs essentiellement au Togo. Son Diplôme d’études supérieures spécialisées en Sciences économiques, c’est à Lomé qu’elle l’a décroché, dans une université publique avant, en 2012, un diplôme de programmation et politique financière de l’Institut du fonds monétaire international à Washington, ainsi qu’un diplôme en économie de l’emploi de l’académie du bureau international du travail à Turin. Depuis, elle a fait son doctorat tout en servant son pays. Ses expériences accumulées dans les couloirs du pouvoir en ont fait une femme percutante sur les questions économiques, et son discret parcours a favorisé l’appréciation du grand nombre.
Si les participants à la conférence de l’Afristat ont salué « une impressionnante maitrise des sujets », elle doit avant tout à Faure Gnassingbé de lui avoir fait confiance. Preuve que l’Afrique doit davantage associer sa jeunesse aux grands défis de son temps.
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