Des combats ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi 4 juin à Mogadiscio, au-dessus de laquelle s’élèvent des nuages de fumée, la police somalienne annonçant pour sa part une vaste opération contre des « milices ». « Une opération de sécurité de grande envergure menée par les forces de l’ordre de la capitale touche à sa fin. Cette opération vise à neutraliser des milices lourdement armées qui ont lancé des attaques au mortier contre certains quartiers de la capitale », a écrit la police dans un communiqué. Le ministre somalien de la Défense accuse l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire de tentative de coup d’État.


Dans la nuit du 3 au 4 juin 2026, des combats intenses se sont déroulés dans la capitale de Somalie. Jusqu’à 09h30 ce jeudi matin, des tirs résonnaient dans Mogadiscio. Les forces gouvernementales affrontaient celles de l’opposition.
Des combats ont eu lieu aux abords de la résidence de l’ancien président Sharif Sheikh Ahmed et de l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire, qui affirme qu’il était en réunion avec des chefs de clans.
Cet ancien chef du gouvernement accuse les forces gouvernementales d’avoir tenté de le tuer. Il a également évoqué des victimes sans donner de bilan.
Le ministre de la Défense, Ahmed Moallim Fiqi, s’est exprimé sur son compte Facebook. Il a accusé l’ancien Premier ministre d’avoir voulu renverser le pouvoir en engageant une milice. Déjà, mercredi après-midi, le gouvernement avait déploré des attaques de cette milice contre une station de police.
Plusieurs mois de tensions
Ce matin une manifestation était organisée par l’opposition et devait avoir lieu dans les rues de Mogadiscio.
Cela fait des mois qu’il y a des tensions entre les figures de l’opposition et le gouvernement de Hassan Cheikh Mohamoud. Elles lui reprochent la révision constitutionnelle finalisée en mars dernier qui prolonge le mandat du président d’un an.
Les opposants n’approuvent pas non plus le changement du mode d’élection du Parlement, passant d’un système de vote indirect au suffrage universel direct. Selon eux, cela remet en cause les équilibres politiques actuels et risque d’avantager le pouvoir en place.
Le président somalien a fait passer une loi qui établit le suffrage universel et fait passer le mandat présidentiel de quatre à cinq ans, ce qui reporte de facto la fin de son mandat.
Le suffrage universel constitue, lui, une rupture majeure avec le système indirect actuel, basé sur l’organisation clanique somalienne : ce sont les chefs de clans qui désignent les membres du Parlement.
Afrika Strategies France avec RFI
