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A Montpellier, Emmanuel Macron estime que la France doit « assumer sa part d’africanité »

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« On ne peut pas avoir un projet d’avenir pour la France si elle n’assume pas sa part d’africanité », a lancé Emmanuel Macron lors du sommet Afrique-France qui se tient vendredi 8 octobre à Montpellier. Soulignant que « près de sept millions de Français sont intimement, familialement liés à l’Afrique », le président a évoqué une « dette » envers « un continent qui fascine le monde entier, qui parfois en effraie d’autres ».

Seul chef d’Etat présent, puisque les dirigeants africains, prévus dans une version initiale du sommet en 2020, n’ont finalement pas été invités, Emmanuel Macron s’exprimait devant 3 000 personnes, dont environ 700 jeunes représentants de la société civile africaine.

Dans la matinée, il a été interpellé par une artiste africaine à propos du passé colonial : « L’Afrique est mariée avec la France, un mariage forcé depuis plus de cinq cents ans », lui a-t-elle fait remarquer. Ce à quoi le chef de l’Etat a répondu : « si on reste dans le face-à-face ou le dos à dos, on n’avancera jamais ».

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Vingt-six œuvres restituées au Bénin

A Montpellier, Emmanuel Macron s’est engagé à restituer fin octobre au Bénin 26 œuvres d’art pillées au palais d’Abomey à la fin du XIXe siècle, comme elle s’y était engagée en 2018. « On va le faire aussi avec la Côte d’Ivoire », a-t-il ajouté.

Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’un engagement pris en novembre 2018 de restitution de 26 œuvres d’art réclamées par le Bénin, provenant du « Trésor de Béhanzin » pillé au palais d’Abomey en 1892 pendant les guerres coloniales.

Cette décision faisait suite au rapport des universitaires Bénédicte Savoy, du Collège de France, et Felwine Sarr, de l’Université de Saint-Louis au Sénégal.

« La fierté de la France »

Les deux spécialistes y avaient posé les jalons pour une restitution à l’Afrique subsaharienne d’œuvres d’art premiers transférées pendant la colonisation, recensant des dizaines de milliers d’œuvres potentiellement concernées.

En décembre 2020, le Parlement français a approuvé la restitution avec transfert de propriété de ces 26 pièces au Bénin, aujourd’hui conservées au musée du Quai Branly-Jacques-Chirac à Paris.

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« Elles seront la fierté du Bénin. Et parce que restituer des œuvres à l’Afrique, c’est rendre accessible à la jeunesse africaine sa culture, ces restitutions seront aussi la fierté de la France », a ajouté M. Macron dans un tweet.

Les restitutions d’œuvres d’art pillées à l’Afrique sont un des points saillants de la « nouvelle relation » que le chef de l’Etat français entend nouer avec le continent.

Afrika Stratégies France avec Le Monde Afrique

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