Nigeria : le gouvernement valide trois projets ferroviaires urbains majeurs

Certaines villes du Nigeria font partie des plus touchées par les embouteillages en Afrique. Face à cette situation, le transport ferroviaire est perçu comme une alternative viable.

Au Nigeria, le Conseil des ministres a donné la semaine dernière son feu vert pour le trois grands projets ferroviaires urbains, d’un coût global d’environ 2,99 milliards USD (environ 2,545 milliards d’euros). Cette allocation budgétaire, inscrite dans les plans pour les exercices 2025 et 2026, cible la première phase de « Green Line » à Lagos, un métro léger dans l’État de Kano, et un tramway dans celui de Kaduna.

Les investissements visent à densifier le réseau ferroviaire national, à renforcer l’intermodalité des transports, et à soulager la pression sur des infrastructures routières saturées. « Ces trois villes sont très importantes et stratégiques. Toutes les villes comptent, mais c’est ici que 10 % d’efforts peuvent produire 90 % des résultats » a commenté Taiwo Oyedele, le ministre des Finances et ministre coordonnateur de l’Économie.

Un nouveau coup d’accélérateur pour la Green Line ?

Parmi les trois projets annoncés, celui de la Green Line de Lagos est celui qui retient le plus l’attention. Cette ligne doit s’étendre au total sur 68 km, reliant le quartier d’affaires de Marina à la zone franche de Lekki. Son tracé inclura une quinzaine de stations desservant des pôles stratégiques comme Victoria Island, Ajah et le corridor économique de Lekki, avec une capacité initiale de 500 000 usagers quotidiens, potentiellement extensible à un million.

Les autorités estiment que l’infrastructure réduira drastiquement les temps de trajet, boostera l’économie du corridor de Lekki – hub pétrolier et touristique – et désengorgera des axes routiers, dont l’Eko Bridge. Annoncé en grande pompe, ce projet peine cependant à démarrer en raison de contraintes budgétaires chroniques et de difficultés d’acquisition des terrains.

Le gouverneur de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, avait déjà mobilisé des ressources internes pour avancer les études de faisabilité et les préparatifs, mais l’absence de fonds fédéraux massifs a bloqué les travaux concrets. Malgré des engagements répétés d’Abuja, les appels à manifestation d’intérêt (AMI) lancés en 2023 n’ont pas abouti à un décollage effectif. Dans un tel contexte, les observateurs soulignent que le nouveau soutien des autorités fédérales pourrait changer la donne, même si l’allocation exacte pour ce projet n’a pas été précisée.

D’un coût total de 3 milliards USD (environ 2,552 milliards d’euros), la Green Line doit faire suite à la Red Line, en service depuis 2024 et affichant une capacité de l’ordre de 500 000 voyageurs par jour, et à la Blue Line, opérationnelle depuis septembre 2023, avec une capacité d’environ 250 000 voyageurs quotidiens.

Des ambitions nationales dans le ferroviaire

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du Lagos Rail Mass Transit (LMRT), un schéma directeur destiné à développer et diversifier l’offre de transport public dans une mégapole de plus de 20 millions d’habitants, et réduire les embouteillages sur les routes. D’après une étude du Danne Institute for Research et Financial Derivatives Company, le coût de la congestion routière à Lagos est estimé à 3 834 milliards de nairas (environ 2,39 milliards d’euros) par an.

Au-delà de Lagos, cette allocation reflète une orientation stratégique claire du Nigeria vers le ferroviaire. En septembre 2025, le gouvernement nigérian avait déjà annoncé avoir sécurisé un financement d’environ 150 milliards de nairas (environ 93,4 millions d’euros) pour le réseau de Kano, tandis que celui de Kaduna bénéficierait de 100 milliards de nairas (environ 62,3 millions d’euros).

Dans le même temps, la construction du corridor ferroviaire reliant le pays au Niger avance. Selon les autorités, 60 % des travaux ont déjà été réalisés sur les 284 km de tracé à écartement standard (SGR) qui relieront Kano à Maradi en passant par Jigawa et Katsina, afin de faciliter les échanges transfrontaliers, avec une mise en service prévue pour décembre 2027.

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