Le Ghana approche de la fin de sa restructuration de dette, 3 ans et demi après le défaut qui l’avait mis au ban des marchés. Mais entre remontée de l’inflation, rechute du cedi et négociations encore ouvertes avec les créanciers publics, la sortie de crise reste sous surveillance.
À Accra, le gouvernement ghanéen a franchi lundi l’une des dernières étapes de la restructuration de sa dette. Il a échangé 253,2 millions de dollars, soit environ 221 millions d’euros d’obligations contre 155 millions de nouveaux titres. Une opération que le ministère des Finances présente comme une « étape majeure » sur le chemin de la sortie de crise.
Cette décision survient plus de trois ans après le défaut de paiement du Ghana, en décembre 2022. Le pays, l’un des grands producteurs d’or et de cacao du continent, avait cessé d’honorer une partie de sa dette, plombé par la flambée mondiale des taux, l’inflation et des années de dépenses publiques mal maîtrisées.

Stade final de la restructuration
Les titres concernés, appelés obligations Saderea, avaient été émis en 2014 pour financer des projets dans le secteur de la santé. Ils passaient par une société créée en Irlande, un montage courant pour lever des fonds sur les marchés. Sur les 253,2 millions USD empruntés à l’époque, il restait 117,8 millions dollars soit environ 103 millions d’euros à rembourser en janvier, selon le ministère. C’était le dernier morceau de la dette obligataire du pays, celle levée sur les marchés, qui n’avait pas encore été renégocié.
En échange de leurs anciens titres, les créanciers reçoivent de nouvelles obligations remboursables en 2035 et 2037, pour 116 et 39 millions de dollars soit environ 101,3 et 34 millions d’euros. L’opération allège sensiblement la charge qui pèse sur Accra.
Rémunérés jusqu’ici à 12,5% et arrivant à échéance dès 2026, ces titres ne portent désormais qu’un coupon de 1,5% au mieux, et leur remboursement est reporté de près d’une décennie. Les porteurs consentent ainsi à une double concession, sur le rendement et sur l’échéancier, en contrepartie d’une perspective de paiement redevenue crédible. L’unanimité des détenteurs a permis d’étendre l’accord à tous. Dès le 23 juin, des créanciers représentant plus des deux tiers de l’encours l’avaient approuvé, selon Reuters.
Rémunérés jusqu’ici à 12,5% et arrivant à échéance dès 2026, ces titres ne portent désormais qu’un coupon de 1,5% au mieux, et leur remboursement est reporté de près d’une décennie. Les porteurs consentent ainsi à une double concession, sur le rendement et sur l’échéancier, en contrepartie d’une perspective de paiement redevenue crédible. L’unanimité des détenteurs a permis d’étendre l’accord à tous. Dès le 23 juin, des créanciers représentant plus des deux tiers de l’encours l’avaient approuvé, selon Reuters.
