RDC: le Syndicat libre des médecins appelle à la grève dans le secteur public, en pleine épidémie d’Ebola
En République démocratique du Congo (RDC), le Syndicat libre des médecins (Sylimed) appelle à une grève à durée interminée à partir de ce 11 juin dans le secteur public. Il dénonce l’absence de réponses du gouvernement à ses revendications de salaires, de conditions de travail et aux moyens alloués au secteur de la santé. Une grève qui intervient en pleine l’épidémie d’Ebola dans une partie orientale de la RDC.
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Près 2 500 médecins du secteur public n’ont pas reçu leur salaire depuis plusieurs mois, affirme ce syndicat qui appelle à la grève. Ils dénoncent des salaires et des primes impayés, de mauvaises conditions de travail, et une précarité de la profession, alors que les médecins sont en première ligne pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC, déplore le Docteur André Kasongo Kasomboyi, Secrétaire général du Sylimed, au micro d’Alexandra Brangeon : « Ils sont impayés. La couverture santé reste impayée dans les provinces. Ça fait plus de 11 mois et on doit combattre un virus. On ne va pas continuer à motiver les gens à aller combattre Ebola tandis qu’ils sont impayés. »
Les services d’urgence continueront de fonctionner
Trois médecins sont décédés en Ituri depuis le début de l’épidémie, il y a d’un mois, le dernier, le docteur Jackson Ngoy Ngoy, étant mort dimanche dernier à Nyakunde, près de Bunia. Pour un médecin de la capitale provinciale de l’Ituri – qui souhaite rester anonyme – ces mauvaises conditions de travail pèsent sur le moral du personnel de santé : « Nous avons autant de mois sans être payés, alors que les conditions dans lesquelles nous travaillons ne sont pas du tout bonnes. Moi qui vous parle d’ici, je n’ai même pas de salaire. Moi, je ne reçois que des primes, alors que les primes, on peut les couper à tout moment. Il n’y a pas de motivation alors qu’on est en train de courir un risque pour nos vies. »
Le syndicat assure toutefois que les services d’urgence continueront de fonctionner afin de garantir la prise en charge des cas les plus graves.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les Etats-Unis se sont retirés, a déclenché une alerte sanitaire internationale en réponse à l’épidémie qui sévit depuis mi-mai en RDC et dans certains pays limitrophes comme l’Ouganda, avec selon l’OMS plus de 500 cas confirmés, dont des dizaines de décès.
Afrika Strategies France avec RFI
