Infrastructures : le Bénin mobilise 500 millions d’euros avec une garantie du Fond Africain de Développement

Cotonou poursuit sa stratégie de financement du développement par des emprunts adossés à des garanties multilatérales. Après une première opération en 2023, ce nouveau montage vise à améliorer l’accès aux capitaux privés pour financer les priorités nationales.

Le Bénin concluait, le 18 septembre dernier, un accord de financement bancaire international de 500 millions d’euros, avec l’appui du Fond africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Annoncé ce 29 septembre, cet emprunt doit soutenir l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, les infrastructures, les énergies renouvelables et l’agriculture, ainsi que la création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

D’une maturité finale de 12 ans, le financement bénéficie d’une garantie partielle de crédit du FAD et d’une assurance de seconde perte fournie par la filiale d’assurance du Groupe de la Banque islamique de développement. Le communiqué ne précise toutefois ni les banques participantes, ni le taux d’intérêt, ni le calendrier de remboursement ou la répartition sectorielle des ressources.

Un partage des risques pour attirer les prêteurs

Dans ce montage, les banques internationales apportent les fonds, tandis que les institutions multilatérales prennent en charge une partie du risque. La garantie du FAD couvre certaines obligations de remboursement en cas de défaut, dans les limites du contrat. Cette protection peut faciliter l’octroi du prêt et permettre à l’emprunteur d’obtenir une durée plus longue ou de meilleures conditions financières.

L’assurance de seconde perte complète cette couverture. En principe, elle intervient sur une tranche de pertes après un premier niveau de protection, selon des modalités qui ne sont pas détaillées dans l’annonce. L’objectif est de réduire l’exposition des prêteurs pour rendre l’opération plus attractive.
Pour Cotonou, la durée du financement permet d’étaler le remboursement d’investissements dont les bénéfices se matérialisent progressivement. Les équipements d’eau et d’énergie nécessitent, par exemple, des dépenses initiales importantes, alors que leurs effets sur la productivité et les conditions de vie se déploient sur plusieurs années.

Ahmed Attout, directeur du Département du développement du secteur financier de la BAD, estime que l’association de ces protections permet au Bénin de mobiliser des ressources à long terme à des conditions compétitives. Faute de publication du taux et des frais associés, il reste toutefois difficile de mesurer l’avantage financier du nouvel emprunt.

Un précédent favorable en 2023

Le Bénin avait déjà recouru à cet instrument en 2023. Une garantie de 195 millions d’euros du FAD lui avait permis de mobiliser un prêt de 350 millions d’euros pour des dépenses liées aux Objectifs de développement durable (ODD).

Selon le rapport annuel 2023 de la BAD, cette première opération avait porté la maturité de dix à douze ans et demi. Le taux d’intérêt se situait environ 2,9 points de pourcentage sous la courbe de rendement des euro-obligations béninoises de durée comparable. Si ce précédent ne permet pas de de déduire les économies réalisées sur la transaction de septembre 2026, il donne une indication de l’utilité de ce type de garantie.

La démarche s’inscrit dans une stratégie engagée dès 2021, lorsque le pays avait établi un cadre d’émission obligataire lié aux ODD. Celui-ci définit notamment les principes d’utilisation des ressources, de sélection des dépenses éligibles et d’évaluation des projets. L’enjeu est de relier les financements mobilisés à des objectifs de développement identifiables.

Afrika Stratégies France avec La Tribune Afrique 

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