Tunisie: après une visite présidentielle surprise, les habitants de Gabès toujours dans l’attente d’actions contre la pollution
Alors que les habitants de Chott Essalem, le quartier limitrophe du Groupe chimique tunisien à Gabès, réclament depuis des années le démantèlement de cette usine en raison de sa pollution, le président Kaïs Saïed a effectué une visite surprise dans cette ville du sud tunisien. Dans des échanges avec les habitants, il a souligné la nécessité de prendre des mesures contre la pollution, mais les habitants de Gabès attendent plus.
« Nous attendons bien plus que des mots après cette visite, il n’y a même pas vingt jours, en pleine canicule et coupures de courant, nous avons encore suffoqué à la suite des gaz émis par le groupe chimique tunisien » : Islem Zrelli, militant du groupe Stop pollution, a partagé son ressenti après la visite du président Kaïs Saïed lundi soir.
Le groupe Stop Pollution partage également cette position dubitative. Ce dernier s’est mobilisé pendant des mois en 2025 après l’intoxication aux gaz chimiques de près de 200 élèves entre septembre et octobre, provoquant la colère de la population qui souffre depuis des années de la pollution de l’air et de la mer à cause des gaz émis par le groupe industriel et les eaux usées polluées rejetées dans la mer.

Le mouvement a publié un communiqué dans la foulée de la visite présidentielle dénonçant le manque de décisions concrètes et claires.
Le président a parlé de la mise à l’arrêt de certaines unités dites polluantes et que seules les unités réhabilitées allaient reprendre leur activité.
Le gouvernement avait en effet engagé des travaux de réhabilitation pour équiper les unités vétustes en matière de dépollution. Ces projets, mis à l’arrêt depuis des années, ont repris après les mobilisations anti-pollution de 2025. Mais peu d’informations ont été publiées sur le niveau d’avancée de ces travaux de réhabilitation et leur impact réel sur la diminution de la pollution de l’environnement.
Les militants de Stop Pollution se disent insatisfaits de ces déclarations d’intention selon leurs mots et réclament toujours le démantèlement du groupe chimique tunisien. En février 2026, la justice avait rejeté leur plainte contre le complexe industriel, estimant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour accuser l’usine de pollution.
Afrika Stratégies France avec RFI
