RDC: le centre du pays se dirige vers la fin de l’épidémie d’Ebola
RDC: le centre du pays se dirige vers la fin de l'épidémie d'Ebola
La République démocratique du Congo se dirige vers la fin de l’épidémie d’Ebola qui avait été déclarée par les autorités début septembre. Le dernier malade pris en charge au centre de traitement de Bulape, dans la province du Kasaï, au centre du pays, est sorti de convalescence. Mais il faut désormais attendre 42 jours pour que la fin officielle de cette épidémie soit déclarée par les autorités et les organisations internationales de santé.
Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
Ce lundi matin 20 octobre, le centre de traitement de Bulape, dans le centre de la RDC, ne compte plus aucun malade d’Ebola : le dernier qui y était pris en charge est sorti de convalescence. Il s’agit d’une première depuis l’officialisation de cette nouvelle vague de la maladie dont le premier cas avait été enregistré le 20 août dernier. Le 4 septembre, les autorités avaient alors déclaré officiellement l’épidémie dans la province du Kasaï.

Au total, 64 cas d’Ebola y ont été enregistrés, dont 53 confirmés par des tests PCR. Parmi eux, 19 patients ont pu rentrer chez eux totalement guéris. Des chiffres qui n’ont quasiment pas évolué depuis un mois : en effet, au centre de Bulape, aucun nouveau malade n’a été enregistré depuis le 25 septembre.
S’il convient désormais d’attendre 42 jours pour officiellement décrété la fin de cette épidémie, la situation actuelle n’en reste pas moins une bonne nouvelle pour les organisations de santé déployées sur le terrain qui se réjouissent qu’elle ait pu être contenue en moins de deux mois.
« La vaccination a été un pilier important dans le contrôle de cette épidémie »
Pour Papys Lame, le responsable du service médical de l’association Alima et le coordinateur d’Ebola Kasaï, cette réussite est en partie liée à l’efficacité de la riposte mise en place. « L’expérience de la RDC dans la réponse aux épidémies d’Ebola a joué un rôle capital et la vaccination a été un pilier important dans le contrôle de celle-ci, explique-t-il ainsi. La stratégie a consisté en une première campagne de vaccination dite « en anneau », lors de laquelle on a vacciné les contacts et les contacts des contacts des cas confirmés. Puis, celle-ci a été suivie d’une seconde campagne élargie, dite cette fois de vaccination « géographique » consistant, elle, à vacciner les personnes habitant dans les villages à risque, ce qui a conduit à vacciner plus de 31 000 personnes, selon les données les plus récentes dont je dispose ».
Reste que la zone où s’est déclenchée la maladie a aussi joué un rôle. « Un autre facteur qui n’est pas négligeable, c’est que l’épidémie a eu lieu dans un endroit assez reculé et d’accès difficile. Or, quand on regarde les dernières épidémies d’Ebola survenues dans des endroits reculés de RDC, aucune n’a duré très longtemps », reprend Papys Lame.
Début septembre déjà, le docteur Kaseya, du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (Africa CDC), se montrait lui optimiste quant à la capacité du pays à mener cette riposte du fait que la souche à l’origine de ces nouvelles contaminations soit la souche Zaïre, celle que l’on sait aujourd’hui le mieux prendre en charge grâce à l’existence d’un vaccin et d’un traitement basé sur des anticorps monoclonaux développé à Kinshasa.
Afrika Strategies France avec RFI
