COTE D’IVOIRE : Théodore Konimi à Ouangolodougou et Diawala pour deux stratégiques ateliers

Nommé à la fin de l’année dernière à la tête du Programme national de cohésion social (Pncs), Théodore Konimi vient d’achever deux stratégiques ateliers à Ouangolodougou et Diawala (nord). Le docteur en rhétorique qui n’est en poste que depuis novembre 2022 entend ainsi renforcer la capacité des acteurs et leaders locaux pour une stratégie d’ensemble plus en harmonie avec la vision d’Alassane Ouattara en termes de maintien de paix et de stabilité. D’autres ateliers similaires devraient suivre. Compte rendu.

Sa nomination, en fin d’année dernière entre dans une cohérence à la fois de politique et d’efficacité. Précédemment directeur de cabinet adjoint du ministre de la réconciliation et de cohésion nationale, Théodore Konimi est l’un des principaux collaborateurs de Kouadio Konan Bertin (Kkb). Son expérience du terrain et sa connaissance de la société ivoirienne prédestinaient celui qui est encore enseignant à l’Université de Cocody, à la tête d’un tel programme. Une posture qui lui permet plus que jamais de contribuer plus efficacement à la mission première du ministre de la réconciliation, « surveiller les braises ». Avant d’entrer dans la phase active de sa mission, l’universitaire a fait du renforcement de capacités des acteurs de son secteur une priorité. Après les ateliers aux thèmes similaires de Ouangolodougou et de Diawala, d’autres devraient suivre. Objectifs, prémunir les principaux collaborateurs et interlocuteurs avant le grand assaut.

A Ouangolodougou et à Diawala, objectifs similaires

A 615 Km de la capitale ivoirienne, Ouangolodougou est une ville stratégique à cause de sa proximité avec le Burkina Faso. La frustration subie pendant longtemps par des populations de la région, souvent assimilées à des burkinabè et parfois discriminées en font une zone délicate. L’Atelier de renforcement des capacités techniques des acteurs et des leaders sociaux sur la culture de la paix et la prévention des conflits qui y est ouvert le 24 mars s’inscrit dans le cadre de la feuille de route du Programme national de cohésion sociale. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’importante délégation qui a accompagné le nouveau Directeur général dudit programme. Avec ses collaborateurs et acteurs, Théodore Konimi a été accueilli par Dongo Bokenan. Le préfet des lieux a tout de suite souligné l’importance d’une telle initiative. L’intervention du Dr Assamoi Désiré, spécialiste de la gestion des conflits marquera l’assemblée. « Les méthodes pacifiques de gestion des conflits sont entre autre la négociation et le dialogue, l’arbitrage et la médiation » rappellera-t-il. Le 26 mars, c’est à Diawala que chute l’équipe. Accueil chaleureux comme dans la localité précédente et présence remarquée d’autorités locales. Ici encore, Théodore Konimi donne le ton. Pour le directeur général du Pncs, « la rumeur est l’un des virus qui met la cohésion sociale à mal, un phénomène négatif, porteur de risques pour la paix sociale à Diawala et pour la Côte d’Ivoire ». Ici comme à Ouangolodougou, les modules se suivent. Les participants enrichissent les discussions par leurs contributions et les pertinentes questions ont vite fait de révéler combien la thématique est attrayante. Lors de ces deux ateliers, le nouveau directeur ne s’est pas ménagé, comme s’il était préparé pour la mission.

Konimi, un parcours prédestiné

Tout porte à croire que Théodore Konimi est préparé pour la mission. D’abord, il aura appris pendant deux années dans l’ombre de Kouadio Konan Bertin. Le ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale lui a d’office fait confiance en le nommant au départ adjoint au directeur de cabinet. Un poste de proximité qui lui a permis de faire le tour de la Côte d’Ivoire, dans les coins et recoins. La connaissance du terrain de cet infatigable quinquagénaire, son sens du compromis et sa naturelle prédisposition au dialogue l’ont mis au-devant de nombreuses crises à gérer. Il a aussi travaillé sur le plan d’action du ministère dont la vocation première est l’apanage de la mission confiée au Pncs. Il était évident qu’au moment de remplacer Marietou Kone, le nom de l’universitaire ait fait l’unanimité. Mais il préfère se borner à la reconnaissance, « reconnaissance au président de la République qui a décelé le leadership du ministre » mais aussi à Kouadio Konan Bertin « qui avait le choix parmi de nombreuses compétences » insiste Konimi. Cette confiance est devenu un défi pour lui, « je n’ai pas le choix que de réussir » confesse-t-il. Quant aux participants aux ateliers, ils espèrent que d’autres auront lieu et que tous les acteurs locaux impliqués dans la réconciliation en Côte d’Ivoire en bénéficieraient.

L’urgence d’autres ateliers

Dans le contexte actuel de la Côte d’ Ivoire, point de doute, de pareils ateliers et autre initiatives similaires sont plus qu’urgentes. Le pays sort de nombreuses crises politiques, souvent violentes mais aussi de l’épreuve d’une historique rébellion militaire. Dès lors, les mandats successifs de président Ouattara ont fait de la réconciliation une priorité. Avec le retour des réfugiés, l’arrivée au pays de l’ancien chef d’état Laurent Gbagbo ou de son acolyte et co-pensionnaire du Tribunal pénal international, Charles Blé Goudé, le processus de réconciliation semble entamer son ultime et délicat virage. Pour l’aboutissement efficace du processus, d’autres ateliers doivent avoir lieu dans tout le pays. « Nous les avons prévus » murmure-t-on dans l’entourage de Konimi. Le soutien du gouvernement devient de fait capital et cela, Alassane Ouattara qui inspire cette réconciliation en a une parfaite appréhension.

Créé en 2012, le Pncs est une structure gouvernementale avec comme objectif principal de contribuer à l’avènement d’une Côte d’Ivoire qui réapprend à vivre avec ses différences.

Afrika Stratégies France

 

 

Commentaires (0)
Ajouter un commentaire