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Cameroun: le président Biya annonce un «réajustement» du calendrier électoral

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Dans son traditionnel discours à l’occasion de la fête de la jeunesse, le président camerounais Paul Biya a annoncé mardi 10 février un « léger réajustement » du calendrier des élections législatives et municipales. La convocation du corps électoral était pourtant prévue ce mois de février. Ces scrutins initialement attendus l’année dernière avaient déjà fait l’objet d’un premier décalage, avec une reprogrammation annoncée pour début 2026. Cette nouvelle décision prolonge une situation institutionnelle exceptionnelle au Cameroun.

Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena

Ce report n’a pas vraiment surpris les acteurs de la scène politique. Certains estiment qu’une convocation du corps électoral en cette période aurait écourté le mandat des députés, prolongé l’an dernier jusqu’au 31 mars 2026. La prochaine session est, elle, prévue pour le 10 mars.

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Politiquement, pour Cabral Libii, président du PCRN et député à l’Assemblée nationale, ce choix interroge. Il dit s’étonner que, trois mois après une élection présidentielle, on n’organise pas de nouvelles élections : « Pour quelqu’un qui parle d’une victoire électorale proclamée, ce qui se fait souvent c’est que lorsqu’il y a des élections derrière, on enchaine dans la foulée. Du coup, je me dis que peut-être il y a des réformes qui sont en cours. Je pense à la Constitution, au code électoral. Je ne serais pas surpris que tout cela arrive sur la table des députés pendant la session de mars. »

Au RDPC, le parti majoritaire, on se réjouit de ce report, dans le respect strict des lois fondamentales. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du parti, rappelle que certains Camerounais souhaitaient déjà ce report, même si, dans le même temps, d’autres envisageaient un boycott : « Nous nous réjouissons de voir que le président Paul Biya va le faire, parce qu’il y a des contraintes impérieuses, mais toujours dans le respect strict de la loi fondamentale. »

Hiram Iyodi, le plus jeune candidat à la dernière élection présidentielle, craint que ce report ne soit lié à la capacité de l’État à financer ses élections : « Nous espérons que ce report ne sera pas un report éternel et qu’il respectera les dispositions de notre Constitution et de notre code électoral. »

Au MRC, qui avait officiellement annoncé son retour dans la course après le boycott de 2020, pas de réaction officielle pour le moment. De l’avis de certains cadres, le parti de Maurice Kamto attend un « acte formel » avant de se prononcer.

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