C’est désormais officiel : le président sortant Hakainde Hichilema est réélu, dès le premier tour, président de la Zambie avec 60% des voix, a annoncé la commission électorale.
Une réélection après être arrivé au pouvoir en 2021. Porteur de réformes fortes durant son premier mandat, notamment dans le secteur économique, Hakainde Hichilema, 64 ans, n’a pas totalement convaincu la population qui attend les répercussions de ces mesures. Les Zambiens lui ont donc massivement fait confiance pour un nouveau mandat, au terme d’une élection marquée par des heurts.
Le chef de l’État, réélu pour un second mandat, Hakainde Hichilema, s’est dit « profondément touché » par « la confiance accordée » par les électeurs, alors que ses soutiens vêtus des couleurs du Parti unifié pour le développement national (UPND) se réunissaient pour célébrer cette victoire, dans les rues de Lusaka. « À ceux qui ont préféré les idées présentées par nos adversaires, nous vous entendons et nous continuerons à œuvrer pour vous », a encore promis Hakainde Hichimela.
Le résultat ne faisait guère de doute à mesure que les bulletins étaient dépouillés. Hakainde Hichilema, président de la Zambie, va donc entamer officiellement un deuxième mandat avec l’ambition de poursuivre le redressement économique du pays. Il a obtenu 60 % des suffrages avec 2 965 326 voix.
Une campagne sur le bilan économique
Inflation en baisse, réserves de change renforcées, 50 000 emplois créés dans la fonction publique : autant de mesures importantes mises en avant par le camp du président réélu. Pourtant, à son arrivée en 2021, la Zambie devenait quelques mois plus tôt le premier État africain en défaut de paiement sur sa dette extérieure à la suite de la pandémie de Covid-19.
Les retombées de ces réformes sont toutefois encore trop peu perceptibles par la population. Sur le plan politique, l’opposition a accusé le gouvernement en place d’intimidations, de restrictions et d’arrestations arbitraires.
Hakainde Hichilema, qui a fait campagne sur son bilan économique, a donc convaincu une majorité des près de 9 millions de Zambiens appelés aux urnes face à 13 autres candidats. Le plus sérieux, Bryan Mundubile, a, lui, obtenu 38 % des voix avec 1 856 217 suffrages. Le président du Parti NRPUP de la réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité n’aura pas su inverser la tendance au terme d’une fin de campagne marquée par des violences et l’arrestation de six figures de l’opposition dans un coup de filet opéré le jour des élections.
Climat tendu
Ces élections générales zambiennes se sont déroulées dans un climat inhabituellement tendu pour cette démocratie réputée stable. Onze personnes ont été arrêtées en fin de semaine dernière, dont six figures de l’opposition. Cela a été confirmé dimanche soirpar le gouvernement, qui évoque un coup de filet contre « une milice présumée ».
Des accusations rejetées catégoriquement par le parti de Bryan Mundubile, qui a effectivement dénoncé une descente des forces de sécurité dans sa résidence personnelle au cours de laquelle un parlementaire du NRPUP a été blessé par balles.
Afrika Stratégies France avec RFI