La campagne électorale en Afrique, c’est aussi une affaire de zone. Chaque proche du candidat, dans le cas d’espèce, chaque ministre cerne la région qui est la sienne en fonction de son ancrage local pour y faire campagne. Dès lors, Amadou Coulibaly, longtemps militant de base et élu local de la majorité dans la localité de Korhogo est donc au milieu des siens, en pleine campagne.
La campagne électorale a débuté depuis le 11 octobre dernier avec cinq candidats en lice dont Alassane Ouattara, le président sortant. Ce scrutin est aussi un défi pour la Côte d’Ivoire, qui a connu en 2010 une élection présidentielle ensanglantée par de nombreuses violences. Depuis, sous Alassane Ouattara, deux élections, en 2015 et en 2020 ont été épargnées par les vieux démons. Celle de cette année est donc un défi pour chaque ivoirien. « Nous devons démontrer que nous sommes capables de préserver la paix » a relancé, à plusieurs reprises depuis le début de la campagne, le ministre de la communication en charge des médias. Auprès des siens, dans la sous-préfecture de Korhogo, Amadou Coulibaly insiste sur la nécessité « d’une élection sans incident ». Un message qui accueille grand écho au sein des populations.
Une concertation avec des cadres locaux
Ce 13 octobre, à Korhogo au siège du Rhdp, Amadou Coulibaly a échangé avec les secrétaires de zone et les secrétaires de section de la sous-préfecture de Korhogo (Koni, Kombolokoura, Lataha, Benguebougou et Korhogo sous-préfecture). Cette rencontre, essentielle à la dynamique de terrain, marque une nouvelle étape dans la mobilisation pour cette phase décisive de la campagne. Le message est clair : le taux de participation doit être le reflet de l’engagement total derrière le candidat du Rhdp, celui qui, une fois encore, a choisi le sacrifice pour la Nation. Occasion de rappeler la nécessité d’une « victoire sans nulle ombre » pour le président Alassane Ouattara. « Nous devons tout mettre en œuvre pour obtenir un score massif, sans appel, à la hauteur des ambitions que nous portons pour la Côte d’Ivoire » raconte le ministre de la communication face aux cadres, lesquels cadres devraient l’aider dans la réélection du président sortant. Car, pour avoir été longtemps un militant de base, Amadou Coulibaly sait combien ces cadres locaux sont indispensables pour la victoire écrasante du parti. Il a rappelé que « chacun doit retirer sa carte d’électeur, motiver ses proches, ses militants, ses voisins. C’est par la participation, la discipline et l’unité que nous garantirons la victoire ». Plusieurs autres rencontres de proximité auront lieu dans la sous-préfecture de Korhogo.
Sinematiali et Korhogo en ébullition
A chacune de ses rencontres, Amadou Coulibaly rappelle l’urgence de disposer sa carte d’électeur. Il a retiré la sienne ce 13 octobre, comme pour donner l’exemple, entre deux meetings, à Korhogo et à Sinematiali. Outre Korhogo, Sinematiali, à près de 600 km d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire est aussi en ébullition pour la majorité présidentielle. Même s’il s’agit de localités toujours favorables à Alassane Ouattara grâce à des leaders comme Amadou Coulibaly, cette élection a quelque chose d’exceptionnel. Bien que constitutionnellement légale, la candidature du président sortant a été décriée par une opposition en manque d’inspiration dont plusieurs leaders ont d’ailleurs été écartés par le Conseil constitutionnel. Avant Sinematiali, le porte-parole du gouvernement était à Korhogo (565 Km d’Abidjan). Amadou Coulibaly s’est rendu au stade Amadou Gon Coulibaly du nom de l’ancien Premier ministre qui, cinq ans après son décès, est encore vénéré dans toute la localité, pour le meeting de lancement de campagne de la Région du Poro.
La présidentielle est prévue en Côte d’Ivoire pour le 25 octobre. Cinq candidats y prendront part, ils sont issus de tous les courants de l’opposition. Parmi eux, Simone Gbagbo qui incarne la branche la plus dure et pourrait prendre le revanche de son ancien mari qui a été empêché du fait de condamnations judiciaires.
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