Bineta Fall : « Le climat des affaires est bon en Afrique »

Sur l’avenue des Champs Elysées. 76. Linkafrik ne peut qu’être optimiste sur l’Afrique. wwwet y accompagne les entreprises qui veulent y investir. Ses activités sont multiples, que ce soit dans la mise en relation ou la communication d’entreprise, Bineta Fall touche à tout. Des dîners de gala, des rencontres d’affaires, autres événements économiques, elle est une véritable facilitatrice de business. A la tête de Linkafrik, à 49 ans, cette Franco-sénégalaise et figure incontournable de la diaspora n’entend pas croiser les bras. Tout ce qu’elle peut faire l’Afrique et surtout, elle y croit, pour elle, le continent est plus que propice pour les affaires. Aider et pousser des entreprises de l’Hexagone à investir sur le continent, c’est à la fois redynamiser le secteur de l’emploi et donner une chance  aux potentiels locaux de s’exprimer. Et elle s’y donne avec confiance et passion. Rencontre avec une femme engagée pour construire des ponts entre l’Europe et l’Afrique.

Arborant toujours d’élégantes tenues, celle qui fait 20 ans de moins que son âge ne passe jamais inaperçue lors des Forums économiques dédiés à l’Afrique. En créant Linkafrik en 2016, Bineta Fall a réalisé son rêve de fonder sa propre entreprise. Il faut dire que cette fille d’un fonctionnaire international a vécu dans divers pays du continent : Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, et même aux Etats-Unis, où elle effectue des études en économie et business à la Golden University, à San Francisco. En 2005, elle s’installe en France, occupant des postes à responsabilités dans de grands groupes tels que Mariott International, ou encore de business developper et manager chez People TV, de chargée d’affaire chez Chronopost international et responsable de compte entreprise à la Poste, au service solutions business. Toutes ces riches expériences professionnelles l’ont finalement incité à se lancer dans l’entrepreneuriat, avant d’être en 2017, à Paris, l’une des lauréates des Trophées France-Euro Méditerranée, une association qui récompense les femmes d’initiatives qui font bouger les lignes dans notre société.

Pouvez-vous nous expliquer le concept de Linkafrik ?

Linkafrik est une agence de conseils en relations publiques et de communication. En trois ans d’activité, nos services se sont spécialisés autour de trois axes stratégiques qui sont : la mise en relation entre acteurs économiques, la mise en relation avec la presse et les médias, l’accompagnement bilatéral des investisseurs entre l’Afrique et la France face notamment à un contexte économique pas toujours favorable.

Quelles sont les plus grandes difficultés des entrepreneurs qui veulent faire des affaires en Afrique ?

D’une manière globale le climat des affaires est bon en Afrique, comme en témoignent les investissements directs étrangers qui ont représentés 60 milliards de dollars en 2017, répartis en Angola, en Égypte, au Nigeria, au Ghana et en Éthiopie. Cependant implanter son entreprise ou acquérir de nouveaux marchés peut s’avérer risqué en Afrique, si l’on ne maîtrise pas l’environnement des affaires. Pour de nombreux investisseurs, l’instabilité politique et sociale dans certains pays, l’environnement réglementaire et une certaine lourdeur administrative peuvent être préoccupants. D’où la nécessité de se faire accompagner par un expert. Suite au constat de ces failles, j’ai créé mon entreprise LinkAfrik pour faciliter le Business en Afrique.

Comment voyez-vous l’évolution économique du continent, qui semble être le futur eldorado, alors que ses populations vivent en majorité dans la pauvreté ?

Les perspectives économiques en Afrique sont résilientes si l’on tient compte du taux de croissance à 4% pour plusieurs pays africains, selon le rapport PEA 2019 de la Banque Africaine de Développement. Cette prospérité économique a eu pour impact de favoriser l’attractivité du continent en matière d’investissement. Il faut également noter que les résultats économiques du continent africain ont été meilleurs en 2018 que ceux de l’Europe qui a connu une moins bonne croissance. D’ailleurs, la Chine, les Etats-Unis et beaucoup de puissances économiques étrangères investissent de plus en plus dans les pays africains. Paradoxalement, cette forte croissance économique ne parvient pas à réduire le chômage et la pauvreté, donc ne profite pas directement aux populations.

Selon vous, quel est le défi majeur auquel l’Afrique devra faire face ?

L’un des défis majeurs de l’Afrique dans les prochaines décennies sera de faire face dans un contexte de forte progression démographique au chômage de masse qui s’étend. Pour relever ce défi colossal, il sera nécessaire de miser sur le capital humain en investissant dans le développement des compétences entrepreneuriales de la jeunesse. Il faudrait également que les pays africains investissent davantage dans les infrastructures et favorisent le libre échange intercontinental pour une meilleure intégration régionale.

Propos recueillis à Paris par Assanatou Baldé, Afrika Stratégies France

 

 

 

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