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Burkina Faso : élections sur fond d’insécurité dans le nord

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Un double scrutin présidentiel et législatif est prévu le 22 novembre. La campagne électorale bat son plein mais l’insécurité dans certaines localités suscite des inquiétudes.

La campagne électorale qui a démarré le 31 octobre dernier, en vue de ce double scrutin, se déroule dans un contexte particulier. En raison de l’insécurité et des risques d’attentats djihadistes, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), invite les candidats en compétition, au strict respect des consignes de sécurité, avant les élections du 22 novembre.

Pour Newton Ahmed Barry, président de la Céni, « Il y a un dispositif de sécurité paramétré pour les 13 candidats à l’élection présidentielle, qui est donc une sécurité spéciale. Ensuite, pour les partis politiques, il y en a 125 qui sont en compétition pour les 127 places de députés à l’Assemblée nationale, on a plutôt mis en place un dispositif de bulle de sécurité, où chacun peut se mouvoir et battre sa campagne. »

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Des mesures sécuritaires similaires seront également prises selon Newton Ahmed Barry le 22 novembre, jour de l’élection. « Dans les zones où il n’y a pas de difficulté, on aura un dispositif adapté. Dans les zones oranges, où la sécurité est relativement perturbée, on aura un dispositif adapté. Et dans les zones rouges, il faudra imaginer un autre dispositif plus musclé. »

Inquietude face à de nouvelles attaques

Il y a quelques jours, le chauffeur d’un candidat aux élections législatives, a succombé à une attaque djihadiste, dans la localité de Goudébo sur l’axe Gorom-Dori dans le nord du pays. D’où les inquiétudes de Mahamadou Sawadogo, ancien gendarme et spécialiste de l’extrémisme violent dans le Sahel. « Au fur et à mesure que nous allons avancer vers les élections, on craint que la situation n’évolue négativement. Que le nombre d’attentat augmente, que les cibles potentielles augmentent et qu’il y ait dans certaines zones des atteintes aux bureaux de vote, des atteintes aux personnels qui sont chargés d’organiser les élections », estime l’analyste.

Des candidats prudents

Pour parer à toutes éventualités, les candidats, notamment ceux en lice pour la présidentielle, ont opté pour la prudence. Ablassé Ouedraogo, candidat du parti « Le Faso Autrement » au scrutin présidentiel du 22 novembre, estime que « L’insécurité est une préoccupation et je pense que dans le programme de tous les candidats, la sécurité a une place de choix. Nous avons opté de travailler avec prudence. Notre stratégie c’est d’aller dans les zones où il y a une sécurité apparente. »

Au total, il y aura 21.155 bureaux de vote, dont 68 à l’extérieur du pays pour le double scrutin du 22 novembre.

En raison de l’insécurité qui touche plusieurs localités, un peu plus de 1.500 villages (sur plus de 8.000) dans 22 communes (sur plus de 300), n’ont pu être couverts par le recensement électoral. Cependant, les résultats de ces élections seront tout de même validés, sans le vote de ces zones conformément à une loi votée récemment à l’unanimité par les formations politiques représentées à l’Assemblée nationale.

Nouvelle illustration de l’insécurité dans le nord du pays, au moins sept soldats burkinabè ont été tués et plusieurs autres blessés ou « portés disparus » ce mercredi 11 novembre, dans une embuscade dans la province de l’Oudalan, frontalière du Mali et du Niger.

Afrika Stratégies France avec Deutsche Welle Afrique

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