Afrika Strategies
Revue d'intelligence et d'Analyse

Simone Ayéri : « Kkb est un candidat d’espoir, de renouveau et de nouvelles approches » 

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Elle est la porte-parole du candidat Kouadio Konan Bertin dit « Kkb ». Native d’Abidjan-Plateau, Simone Gbako Ayéri est convaincue qu’étant un « lien entre les courants politiques du pays et équidistant des partis« , son candidat est la personne idoine pour succéder à Alassane Ouattara à l’issue de la présidentielle prévue pour le 31 octobre. Elle passe au vitriol les personnes qui, depuis trente ans, ont mené le pays à l’abîme. Cadre de l’administration centrale, elle connaît bien son pays et fait un diagnostic pertinent et juste de la situation. Candidate aux législatives de 2011 et de 2016 pour le compte du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, cette belle et charmante mère de famille originaire de Fresco (sud-ouest) a une bonne maitrise des subtilités et arcanes d’une campagne électorale. Une expérience dont peut profiter, à 52 ans, Kkb qui est plus qu’optimiste. En marge de l’investiture, ce dimanche à Abidjan, de Kouadio Konan Bertin, Simone Ayéri se prête aux questions de Afrika Stratégies France.

Bonjour madame Simone Ayeri, vous êtes porte-parole du candidat Kouadio Konan Bertin appelé Kkb. Etes-vous satisfaite et quelle impression vous fait cette investiture ?

Nous avons effectivement assisté cet après-midi à une formidable, magnifique et impressionnante cérémonie d’investiture  de Kouadio Konan Bertin. Un événement qui a mobilisé toute la Côte d’Ivoire et rassemblé  des enfants de notre pays venus de partout. Ce mélange, ce brassage de populations vivant en Côte d’Ivoire, cette diversité de la mobilisation, avec les chefs culturels et gardiens de nos traditions, les femmes, les jeunes, ce fut une belle cérémonie. Nous en sommes donc extrêmement satisfaits malgré le retard. Heureusement qu’on n’a pas vu passer le temps car c’était chaud, électrique. Nous avons eu un temps d’animation tenu par les artistes et un second temps présentant les grands thèmes du projet de société.

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Votre candidat  a été déjà à une présidentielle en 2015 et son score fut plutôt modeste, 3,80%. Cinq ans après, pourquoi pensez-vous que c’est le bon moment quand face à lui, il y a le président sortant ainsi que l’ancien président de la République, Henri Konan Bédié de même qu’un ancien Premier ministre ?

Quand vous parlez de 3%, il faut dire combien il y a de votants. Il y avait six millions et demi de personnes inscrites sur la liste électorale. Si vous calculez cela, vous verrez qu’il y a beaucoup de partis et hommes politiques qui ne peuvent pas avoir ce ratio dans le pays. Il faut aussi dire que cette fois ci, les choses ont changé. Le peuple souhaite voir un changement que Kouadio Konan Bertin incarne mieux que quiconque. Les ivoiriens veulent un dégagisme de ceux qui ont conduit le pays depuis trente ans dans l’abîme. Il faut aussi dire qu’aujourd’hui plus que jamais, les ivoiriens sont préoccupés par la paix et la stabilité que personne n’incarne mieux que Kkb. La jeunesse ivoirienne sur laquelle il compte le plus veut essayer autre chose. Kkb est donc une alternative inattendue mais plein d’espoir.

La plupart des autres candidats dénoncent un processus électoral biaisé pour permettre à Alassane Ouattara de faire son 3e mandat. Est-ce que vous ne craignez pas finalement des manifestations, de la violence et même des tueries pendant ce scrutin ? Et est-il envisageable que votre candidat ne le boycotte?

Vous avez vu que dès le lendemain de la validation de la candidature de Kouadio Konan Bertin, Kkb s’est prononcé et a exprimé sa solidarité à l’endroit des personnes écartées. Il a même dit qu’il sera porteur des projets et préoccupations de ceux qui ne pourront pas prendre part à ce scrutin. Si Affi Nguessan et Henri Konan Bédié décident de ne pas aller au bout de la procédure alors qu’ils ont été retenus, c’est leur choix. Mais rappelons à toute fins utiles qu’en 2010, le président de la Commission électorale indépendante, Cei, était membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (parti de Henri Konan Bédié, Ndlr) sans que cela ne fasse de Bédié président. Même en 2010, celui qui présidait la Cei avait été nommé par Laurent Gbagbo et pourtant, cela n’a pas fait de Gbagbo le président de la République. Ceux qui décrient la Cei ont été ceux qui ont créé le lit de l’avènement de cette constitution. Ce sont les mêmes qui refusent de s’asseoir pour baliser la voie à une Cei équitable. Affi Nguessan avait ses représentants au sein de la Cei et disposait d’une vice-présidence. Aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas aller à l’élection qu’on doit tous mettre fin à notre participation. Une élection ne se gagne pas à la Commission électorale. Faisons surtout confiance à l’intelligence humaine et que le dialogue soit le maître du jeu.

Quelle va être la stratégie de votre candidat pour la suite et surtout les grandes liges de son projet de société ?

Nous allons déployer notre vaste programme de campagne à travers des tournées. Nous en avions faites avant l’investiture, nous allons intensifier ces tournées sous forme de précampagne. Nous irons dans toutes les régions puisque nous disposons de structures en charge de cette organisation. Nous nous lancerons donc à l’assaut du pays. Et le système de parrainages nous a déjà permis de rencontrer des ivoiriens d’ici et là et d’avancer sur la question d’écoute de nos populations et de mettre en place des équipes ou de renforcer celles qui existaient. Nous avions notre projet de société depuis 2015, il a fallu ensuite juste l’adapter à l’évolution du monde et de notre pays. Les grands axes, ce sont les trois grands « R » pour Réconciliation, Réforme et Redistribution. Et en trois « P » pour Paix, Prospérité et Partage. Une chose est certaine, si l’un des trois anciens, Ouattara, Bédié ou Gbagbo se retrouve à l’issue de ce scrutin à la tête du pays, on aura des problèmes et une crise. C’est certain. Il faut écarter la vieille classe.

Kouadio Konan Bertin président, quelles sont les premières actions phares?

Nous allons permettre au peuple d’accéder facilement à l’administration et obliger les gouvernants à déclarer leurs biens pour qu’un seul, à l’issue de son mandat, ne soit pas excessivement riche. Il faut aussi réformer dans l’urgence le pays et l’engager sur la voie de la démocratie. Le renforcement de la démocratie sera donc au cœur de son action de président.

Propos recueillis par la rédaction de Afrika Stratégies France

 

 

 

 

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